Brasília, 26 mai 2026. L’Ambassade d’Autistan à Brasília a eu l’honneur de recevoir Son Excellence Nirmal Raj Kafle, Ambassadeur du Népal au Brésil, accompagné de M. Tejendra Regmi, diplomate à l’Ambassade du Népal à Brasília, pour une présentation détaillée de l’approche non défectologique de l’Organisation Diplomatique de l’Autistan concernant l’autisme, et pour un possible futur dialogue avec les autorités compétentes au Népal.
Cette visite avait une importance particulière pour l’Organisation Diplomatique de l’Autistan, qui souhaitait depuis longtemps recevoir des représentants de l’Ambassade du Népal à l’Ambassade d’Autistan à Brasília, afin d’ouvrir un dialogue humain, institutionnel et utile autour de l’autisme, des besoins réels des autistes, et de la contribution possible de l’Organisation au développement de politiques publiques relatives à l’autisme au Népal.
L’une des principales idées que l’Organisation Diplomatique de l’Autistan a essayé de présenter pendant cette rencontre est que son approche peut être particulièrement bien adaptée aux réalités et aux qualités propres du Népal. Beaucoup de familles népalaises peuvent disposer de moyens financiers ou matériels limités, et l’accès à des services spécialisés urbains peut être difficile, coûteux ou fatigant en raison des distances, des routes et des transports. Pour cette raison, il serait particulièrement important de ne pas enfermer la politique de l’autisme dans des modèles importés, coûteux, centralisés ou « clés en main », exigeant des déplacements répétés, des systèmes professionnalisés et des tentatives de faire se conformer les autistes. L’Organisation a essayé de montrer une convergence possible entre le capital humain du Népal — gentillesse, patience, intelligence subtile, attention aux autres, serviabilité et délicatesse — et une approche fondée sur l’accessibilité, l’adaptation sociale, la compréhension correcte et la réduction des barrières attitudinales, plutôt que sur l’argent, la force, le pouvoir institutionnel ou la normalisation.
La rencontre a eu lieu à l’Ambassade d’Autistan à Brasília, dans un espace de réception spécialement préparé pour cette visite, avec la présence du drapeau du Népal, de la plaque de l’Embassy of Autistan / Embaixada do Autistão, des petits drapeaux de table de l’Autistan et du Népal, ainsi que d’un dispositif de présentation sur écran.

1. Une première visite officielle dans un cadre symbolique et humain
L’emplacement de l’Ambassade d’Autistan à Brasília, à proximité des ministères, du Congrès national et d’autres institutions publiques brésiliennes, correspond à la vocation de l’Organisation Diplomatique de l’Autistan : développer un dialogue avec les autorités publiques et les institutions, afin de fournir des explications, analyses et propositions précises concernant l’autisme et les besoins réels des autistes.
L’accueil a été préparé dans un esprit à la fois diplomatique et humain, afin de créer un véritable contact humain en même temps qu’une rencontre formelle.
Avant la présentation principale, il y a également eu un bref dialogue à distance avec M. Shree Ram Dangal, qui intervenait depuis le Népal. Il a salué l’Ambassadeur et les participants, et a exprimé ses encouragements pour la rencontre. Le représentant de l’Organisation Diplomatique de l’Autistan a rappelé l’importance de Shree Ram dans le cheminement qui a rendu cette relation avec le Népal possible, et l’a chaleureusement remercié.





2. Une présentation préparée pour l’Ambassadeur du Népal
Le représentant de l’Organisation Diplomatique de l’Autistan avait préparé une présentation spécialement destinée à Son Excellence l’Ambassadeur du Népal. Cette présentation était intitulée :
Présentation d’ouverture à Son Excellence l’Ambassadeur du Népal — Ambassade d’Autistan à Brasília — 26 mai 2026
Ecouter la présentation
La présentation avait été préparée sous forme de texte lu à voix haute et affiché sur écran. Son objectif était d’expliquer pourquoi le Népal peut avoir une occasion particulière concernant l’autisme, et comment l’Ambassade du Népal pourrait aider à créer un dialogue utile et concret avec les autorités compétentes à Katmandou.
L’Organisation a précisé qu’elle ne demandait pas à l’Ambassade du Népal de devenir spécialiste de l’autisme. Elle espérait plutôt que l’Ambassade puisse jouer le rôle d’un pont humain et institutionnel, en aidant les autorités népalaises à comprendre qu’un dialogue avec l’Organisation Diplomatique de l’Autistan pourrait être utile pour leur propre travail.

3. Pourquoi le moment actuel peut être important pour le Népal
L’Organisation Diplomatique de l’Autistan a expliqué que le moment paraît particulièrement important parce que le Népal semble être dans une phase de préparation de textes, structures et projets liés à l’autisme.
D’après les informations publiques trouvées avant la rencontre, un projet de National Autism Guideline semble avoir été préparé ou soumis au Ministère de la Santé et de la Population du Népal. Il a également été mentionné que le gouvernement avait annoncé des écoles modèles liées à l’autisme dans les sept provinces, et qu’un comité technique aurait été formé pour travailler sur le concept et la structure de ces écoles.
Ces éléments suggèrent que le Népal n’est pas seulement à un stade abstrait ou théorique. Des textes, structures et modèles semblent être en préparation ou en discussion. Cela rend le moment particulièrement important, car les premiers concepts, les premiers mots et les premiers choix pratiques peuvent orienter toute une politique publique pendant de nombreuses années.
Si le cadre initial réduit l’autisme aux troubles, aux traitements, aux services spécialisés ou à la normalisation, il peut ensuite devenir beaucoup plus difficile de corriger cette orientation. Mais si le cadre initial repose sur l’accessibilité, la considération correcte de l’autisme, l’acceptation des autistes et de l’autisme lui-même, ainsi que le respect de la nature autistique, alors le Népal pourrait construire sa politique de l’autisme sur des bases plus justes, plus simples, plus humaines et plus utiles.
C’est pourquoi l’Organisation Diplomatique de l’Autistan a considéré important de présenter son approche à ce stade, avant que les principales orientations ne deviennent trop fixées.
Cette question n’est pas seulement conceptuelle. Elle est aussi pratique pour les familles népalaises. Si la première orientation favorise des approches spécialisées coûteuses concentrées dans les villes, beaucoup de familles peuvent rester incapables de les utiliser dans la vie réelle, à cause du coût, de la distance, des routes, des transports et du temps. Une politique fondée d’abord sur l’accessibilité, les changements attitudinaux, la compréhension locale et des ajustements simples et peu coûteux pourrait être beaucoup plus accessible dans la vie quotidienne.
4. La distinction fondamentale entre autisme et ASD
Le premier point conceptuel central présenté à l’Ambassadeur était la distinction entre l’autisme lui-même et les troubles ou difficultés spécifiques à l’autisme, souvent appelés ASD.
L’Organisation a expliqué que presque partout, les mots « autisme » et « ASD » sont utilisés comme s’ils signifiaient la même chose. Cette confusion a des conséquences très graves. Si l’autisme lui-même est réduit aux troubles, alors l’autisme est automatiquement traité comme un défaut, une maladie, une déficience ou une infériorité.
Cette confusion rend aussi incohérent le fait de parler de « qualités autistiques ». Si l’autisme n’était qu’un trouble, alors parler des qualités de l’autisme reviendrait à parler des qualités d’un trouble, ce qui n’a pas de sens. Or les qualités autistiques existent. Cela montre que l’autisme lui-même ne peut pas être réduit à un trouble, à une pathologie ou à un défaut.
L’Organisation a insisté sur le fait que cette distinction ne nie pas l’existence de difficultés. Les autistes peuvent avoir de vrais besoins de soutien, de vrais besoins d’apprentissage et parfois des difficultés importantes. Mais ces difficultés ne doivent pas être confondues avec l’autisme lui-même.
Autrement dit, l’existence de difficultés spécifiques à l’autisme ne justifie pas de décrire toute la nature autistique comme un trouble. La difficulté, le besoin de soutien ou la situation incapacitante n’est pas la même chose que l’autisme lui-même.
L’Organisation a également mentionné que cette distinction avait été expliquée en 2023 à Chiara Servili, spécialiste de l’autisme au siège de l’Organisation mondiale de la Santé à Genève, lors d’une longue réunion en visioconférence. Selon l’Organisation, elle avait compris cette distinction et reconnu son utilité.
Pendant la rencontre, l’Ambassadeur a réagi positivement à ce point et a identifié la distinction entre autisme et ASD comme l’un des éléments importants qui l’avaient aidé à mieux comprendre le sujet.

5. La principale position conceptuelle présentée par l’Organisation Diplomatique de l’Autistan
La principale position conceptuelle présentée par l’Organisation Diplomatique de l’Autistan était la suivante :
Les autistes ne souffrent pas de l’autisme. Les autistes souffrent des conséquences de l’absence de prise en compte correcte de l’autisme partout dans le système social, et ces conséquences sont des atteintes sociogénérées, sensorielles, mentales ou autres qui, en fin de compte, sont des violations de l’harmonie naturelle.
Cette position signifie que le problème n’est pas situé seulement « à l’intérieur » de la personne autiste. Il se trouve aussi dans l’environnement, dans les attitudes, dans la communication, dans l’organisation, dans les attentes sociales, dans les rythmes imposés, dans les relations, et dans l’absence d’opportunités naturelles et respectueuses.
Dans cette perspective, l’accessibilité n’est pas un luxe, une question secondaire ou un privilège. Elle est la réponse directe à une grande partie des souffrances vécues par les autistes.
L’Organisation a expliqué que de nombreuses difficultés sont augmentées, créées ou maintenues par la manière dont le système social est organisé : incompréhension, peur, rejet, complexité excessive, agression sensorielle, attentes incohérentes et tentatives automatiques de normaliser les autistes.
Elle a également expliqué que certaines réactions autistiques peuvent être comprises comme des signaux. Lorsqu’une personne autiste souffre, bloque, se retire ou réagit fortement, la réponse correcte ne devrait pas être seulement de faire taire la réaction, de corriger la personne, ou de faire paraître la personne autiste plus normale. Il faut aussi se demander ce qui, dans l’environnement, la communication, l’attitude, l’organisation ou l’attente, produit l’atteinte sociogénérée, sensorielle, mentale ou autre.
L’image utilisée pendant la présentation était celle d’une alarme. Si une alarme sonne, la réponse intelligente n’est pas de casser l’alarme ou de débrancher la sirène. La réponse intelligente est de chercher quel danger, quelle incohérence ou quelle agression l’a activée.
Les réactions autistiques peuvent donc aider à révéler des défauts du système social. Une bonne politique de l’autisme ne devrait pas commencer seulement par demander comment corriger les autistes. Elle devrait aussi demander comment la société peut devenir suffisamment accessible pour que les autistes puissent vivre, apprendre, participer, se développer et exprimer leurs qualités autistiques sans être abîmés.

6. Un modèle fondé sur l’accessibilité, les accommodations, l’assistance et le soutien individualisé
L’Organisation Diplomatique de l’Autistan a présenté un modèle fondé sur plusieurs niveaux, du plus général au plus individualisé.
Le premier niveau est l’accessibilité générale pour les autistes, fondée autant que possible sur la conception universelle. La société, les services, les procédures, la communication et les attitudes devraient être rendus accessibles de manière générale avant qu’une personne autiste soit déjà en difficulté.
Le deuxième niveau est celui des accommodations raisonnables en présence de l’autisme. Lorsque l’accessibilité générale ne suffit pas pour une situation ou une personne particulière, des ajustements spécifiques doivent être identifiés, mis en œuvre, vérifiés et corrigés si nécessaire.
Le troisième niveau est celui de l’assistance générale en autisme, accessible autant que possible, y compris à distance. Cette assistance pourrait être utile non seulement pour les autistes et leurs familles, mais aussi pour les écoles, les services publics, les professionnels, les services d’urgence, les lieux de travail, les commerces et les contextes ordinaires confrontés à des situations impliquant l’autisme.
Une telle assistance pourrait aussi utiliser des outils numériques et l’intelligence artificielle pour relier des orientations pratiques, l’éducation, les statistiques, les problèmes récurrents et les solutions possibles. L’idée n’est pas de remplacer la responsabilité humaine, mais de rendre l’orientation plus accessible et plus utile dans les situations ordinaires où les personnes ne savent pas comment réagir à des difficultés liées à l’autisme.
Le quatrième niveau est celui du soutien individualisé en autisme, pour les autistes et les familles qui ont besoin d’un soutien plus précis, personnel et continu.
La logique n’est pas de commencer par des systèmes individualisés coûteux pour tout le monde. La logique est celle de la subsidiarité : d’abord rendre la société généralement plus accessible, ensuite ajouter des accommodations raisonnables lorsque c’est nécessaire, ensuite fournir une assistance générale en autisme pour de nombreuses situations, et enfin fournir un soutien individualisé pour ceux qui en ont besoin.
Cette approche peut être particulièrement pertinente pour un pays où les ressources, les spécialistes et l’accès aux services urbains peuvent être limités. Elle ne nie pas l’utilité du soutien spécialisé, mais elle évite de faire des systèmes spécialisés et individualisés la seule réponse possible.
Elle évite aussi de placer tout le poids sur des familles qui peuvent ne pas avoir l’argent, le temps ou la capacité de transport nécessaires pour accéder de manière répétée à des services spécialisés urbains. La première réponse ne devrait donc pas être un système coûteux accessible seulement à une minorité, mais une large correction des environnements, des attitudes et des situations ordinaires là où les autistes vivent réellement.
7. L’accessibilité attitudinale : l’une des dimensions les plus décisives
Une partie importante de la présentation concernait l’accessibilité attitudinale.
Les obstacles rencontrés par les autistes ne sont pas seulement sensoriels ou matériels. Ils se trouvent aussi dans les attitudes : peur, jugement, rejet, interprétations erronées, réactions d’ego, incompréhension des comportements autistiques, tentatives automatiques de normalisation, moquerie et exclusion.
Les familles, les écoles, les services publics et les communautés peuvent éviter beaucoup de problèmes s’ils reçoivent une orientation simple et correcte. Une grande partie des conflits, exclusions, souffrances et interventions coûteuses peut être réduite si l’environnement social apprend à ne pas juger, à ne pas rejeter, et à comprendre les situations impliquant l’autisme.
L’Organisation a insisté sur le fait que l’accessibilité pour les autistes n’est pas un privilège retiré aux autres pour être donné aux autistes. C’est une correction du système social lui-même. Très souvent, ces corrections sont utiles pour tout le monde, car elles réduisent la confusion, l’agression, l’incohérence, l’excès, le désordre et la complexité inutile.
Les autistes sont souvent les premiers à souffrir de ces défauts du système social, mais lorsque ces défauts sont corrigés, toute la société peut devenir plus claire, plus calme, plus cohérente, plus économique et plus humaine.
C’est l’une des raisons pour lesquelles l’Organisation a considéré son approche comme particulièrement pertinente pour le Népal. L’accessibilité attitudinale ne nécessite pas principalement des bâtiments coûteux, des programmes importés ou de lourdes structures centralisées. Elle nécessite une information correcte, de l’attention, de la patience, une volonté d’ajuster, et la capacité de ne pas interpréter les réactions autistiques à travers la peur, l’ego ou le rejet.
8. Pourquoi cette approche peut être particulièrement adaptée aux qualités humaines et aux réalités du Népal
L’Organisation a expliqué que beaucoup de politiques de l’autisme dans les pays plus riches reposent sur des systèmes coûteux, centralisés, professionnalisés et urbains. Ces modèles exigent souvent des déplacements vers les villes, des interventions répétées, des programmes spécialisés, un contrôle professionnel et des ressources familiales importantes. Certains restent aussi orientés, explicitement ou implicitement, vers le fait de faire paraître les autistes moins autistiques.
Pour beaucoup de familles au Népal, de tels modèles peuvent être très difficiles à utiliser dans la vie réelle. Les ressources financières peuvent être limitées, et l’accès à des services spécialisés urbains peut être difficile, coûteux et fatigant en raison des distances, des routes, des transports et du temps. Si la politique de l’autisme est construite principalement sur des centres coûteux, des déplacements répétés et des systèmes professionnels spécialisés, beaucoup de familles peuvent recevoir une politique formelle sur le papier mais peu d’aide pratique dans la vie quotidienne.
De tels modèles peuvent aussi devenir maltraitants lorsqu’ils visent surtout à normaliser les autistes au lieu de respecter la nature autistique. Ils reposent souvent sur l’argent, le pouvoir institutionnel, l’autorité professionnelle et l’idée que les autistes devraient être amenés à se conformer aux attentes non autistiques. C’est précisément le type de logique que l’Organisation Diplomatique de l’Autistan essaie d’éviter.
L’Organisation Diplomatique de l’Autistan a donc essayé de présenter une autre possibilité pour le Népal : non pas une politique faible ou minimale, mais un autre type de politique, fondée d’abord sur l’intelligence, le discernement, l’humanité, la gentillesse, l’accessibilité, l’acceptation, l’adaptation sociale et le respect de la nature autistique.
Le représentant de l’Organisation a fait référence à son expérience personnelle avec des personnes népalaises et à son séjour au Népal. Il a expliqué qu’il avait souvent observé des qualités telles que la gentillesse, l’humilité, la patience, la volonté d’aider, l’attention aux autres, la délicatesse, et une tendance moindre à se vexer ou à réagir avec l’ego. Il a précisé que, bien sûr, tous les Népalais ne sont pas identiques, mais que ce potentiel humain peut être très important pour l’autisme.
Pour les autistes, de telles qualités ne sont pas secondaires. La patience, l’humilité, la gentillesse, l’attention délicate aux autres et la capacité de ne pas prendre personnellement les réactions autistiques peuvent faire une énorme différence. Dans l’autisme, le capital humain peut résoudre des problèmes que l’argent seul ne peut pas résoudre.
C’est là qu’une convergence particulièrement importante peut exister entre le Népal et l’approche proposée par l’Organisation Diplomatique de l’Autistan. L’approche de l’Organisation n’est pas fondée sur la force, l’argent, les systèmes lourds, la coercition ou la tentative de faire se conformer les autistes par la pression. Elle est fondée surtout sur l’accessibilité, la compréhension correcte, l’adaptation sociale, la réduction des barrières attitudinales, et la création de conditions dans lesquelles les autistes peuvent apprendre, participer et se développer sans être abîmés ni forcés d’effacer leur nature autistique.
Cela paraît particulièrement pertinent pour le Népal. D’un côté, beaucoup de familles peuvent ne pas avoir les moyens financiers ou matériels de s’appuyer sur des systèmes coûteux, des déplacements fréquents, des services spécialisés urbains ou des méthodes importées « clés en main ». De l’autre côté, le Népal peut déjà avoir, dans ses qualités sociales et humaines, beaucoup des dispositions nécessaires à une approche plus accessible, plus respectueuse et plus naturelle : gentillesse, patience, serviabilité, subtilité, humilité, délicatesse et capacité d’attention humaine.
Parce que l’approche de l’Organisation donne une grande importance à l’accessibilité attitudinale, ces qualités peuvent être décisives. Les barrières attitudinales apparaissent souvent lorsque les gens jugent, rejettent, se moquent, ont peur, interprètent mal ou prennent personnellement les réactions des autistes. Si une société peut recevoir une information simple et correcte sur l’autisme, et si les gens sont déjà relativement disposés à la patience, à la gentillesse, à la serviabilité et à des attitudes non agressives, alors beaucoup d’obstacles peuvent être réduits sans dépense financière énorme.
C’est pourquoi l’Organisation a considéré que le Népal peut avoir toutes les dispositions et qualités nécessaires pour faire bon usage de cette approche alternative. Il semblerait regrettable d’essayer d’appliquer, sans adaptation profonde, des méthodes toutes faites importées de pays occidentaux riches : des méthodes souvent coûteuses, difficiles d’accès, parfois préjudiciables, pas toujours très efficaces, et fréquemment fondées sur le fait de faire se conformer les autistes. Le Népal pourrait au contraire construire à partir de ce qu’il possède déjà : attention humaine, patience, subtilité sociale, adaptation pratique, vie communautaire, et possibilité de faire des choses utiles avec des moyens matériels limités.
En ce sens, le principal capital du Népal dans ce domaine n’est peut-être pas le capital financier, mais le capital humain. Ce capital humain pourrait permettre au Népal de développer un modèle plus accessible, moins coûteux, moins violent, moins normalisateur et plus cohérent avec les besoins réels des autistes.
Cela ne signifie pas que le soutien spécialisé, les professionnels ou les services structurés sont inutiles. Ils peuvent être nécessaires. Mais ils ne devraient pas être le seul fondement de la politique, et ils ne devraient pas remplacer un effort plus large pour rendre les familles, les écoles, les services publics et les communautés plus accessibles aux autistes.
L’Organisation a aussi mentionné l’originalité symbolique du Népal : son drapeau unique, son fuseau horaire particulier, sa géographie et son identité culturelle. Il serait regrettable, et presque absurde, qu’un pays aussi original importe simplement un modèle normalisateur dont le but est précisément de faire paraître les autistes moins différents.
Le Népal pourrait au contraire développer un modèle népalais pour l’autisme, adapté à ses propres réalités, aux familles disposant de moyens matériels limités, et potentiellement utile pour beaucoup d’autres pays non riches. Un tel modèle pourrait montrer qu’un pays n’a pas besoin de copier des approches coûteuses et parfois contestables pour aider les autistes. Il peut utiliser l’accessibilité, la qualité humaine, la compréhension correcte, des adaptations peu coûteuses et le respect de la nature autistique comme fondements plus solides.
9. Apprendre le non-autisme comme une seconde langue, sans effacer la première
Une autre idée importante présentée pendant la visite était que les autistes ont effectivement besoin d’apprendre certaines choses pour comprendre la société non autistique, éviter certains dangers, participer à la vie sociale et être mieux compris.
L’Organisation a été très claire sur le fait qu’elle ne nie pas le besoin d’apprentissage. Les autistes peuvent avoir besoin d’apprentissages spécifiques concernant la société, la communication, les attentes ordinaires, les dangers, la vie pratique et le monde non autistique.
Cependant, cet apprentissage ne doit pas signifier l’effacement de l’autisme.
L’Organisation a utilisé une comparaison avec les langues. Une personne française vivant au Brésil doit apprendre le portugais et certains codes culturels brésiliens. Mais apprendre le portugais n’exige pas de supprimer la langue française, la culture française ou l’histoire personnelle. De la même manière, les autistes peuvent apprendre le monde non autistique comme une sorte de seconde langue, sans détruire leur première langue autistique.
Cette comparaison est importante parce qu’elle évite une fausse opposition. Le point n’est pas de refuser l’apprentissage, et il n’est pas de laisser les autistes sans outils. Le point est de distinguer l’apprentissage utile de la normalisation qui cherche à supprimer la nature autistique.
Les autistes devraient être aidés à comprendre le monde non autistique, mais sans être forcés d’effacer leur manière autistique d’être, leurs qualités autistiques, leur originalité, leurs intérêts spécifiques, leurs besoins sensoriels, leurs formes d’attention et leur relation au monde.
10. L’acceptation n’est pas une tolérance passive
L’Organisation a aussi expliqué que l’acceptation ne doit pas être passive, superficielle ou condescendante. Il ne suffit pas de dire que les autistes sont tolérés. L’acceptation réelle signifie permettre aux autistes d’exister, d’apprendre, de participer et de se développer sans être forcés de paraître non autistiques.
L’acceptation ne signifie pas refuser tout apprentissage. Elle ne signifie pas ignorer les difficultés. Elle ne signifie pas abandonner les autistes sans aide. Elle signifie respecter la nature autistique tout en répondant aux vrais besoins de soutien, aux vraies difficultés et aux vraies situations de désavantage.
Si l’autisme lui-même est accepté, beaucoup d’efforts actuellement dépensés pour faire paraître les autistes non autistiques deviennent inutiles, voire clairement préjudiciables. L’énergie peut alors être utilisée pour rendre la société plus accessible, soutenir les apprentissages utiles et créer de véritables opportunités de participation.
11. Inclusion naturelle et opportunités d’essayer
L’inclusion a été présentée non seulement comme un droit, mais aussi comme un environnement naturel d’apprentissage, à condition que les personnes autour soient suffisamment accessibles.
L’Organisation a insisté sur l’importance d’offrir des opportunités au lieu de surprotéger. Beaucoup d’enfants autistes sont considérés comme incapables simplement parce qu’ils sont autistes, ou parce que l’autisme est interprété comme une incapacité globale. Cette perception les empêche souvent de recevoir de véritables opportunités sûres et respectueuses d’essayer, de participer et d’apprendre.
Ce point doit être distingué d’un autre : les autistes sont souvent placés dans des situations incapacitantes à cause des obstacles sociogénérés dans l’environnement. Le premier problème est la perception d’incapacité imposée aux autistes parce qu’ils sont autistes. Le deuxième problème est la production de situations incapacitantes par un environnement social inaccessible. Les deux problèmes existent, mais ils ne doivent pas être confondus.
L’Organisation a donné l’exemple de Tima, un jeune garçon autiste au Kazakhstan (Autistan.kz). Dans un environnement naturel de montagne, avec une approche non défectologique, il n’a pas été traité comme malade ou défectueux. Il a reçu des opportunités concrètes à travers des tâches simples et des activités réelles.
Au début, il semblait très passif et presque déconnecté des activités. Sa famille, probablement avec de bonnes intentions, semblait considérer qu’il ne serait jamais vraiment capable de faire quoi que ce soit par lui-même parce qu’il était autiste. La réponse n’a pas été de le forcer à travers un programme spécialisé coûteux, mais de lui donner des opportunités réelles, simples et respectueuses de participer.
En seulement quelques jours, son attitude a visiblement changé. Il a gagné en confiance, participé à des activités pratiques, été reconnu par d’autres enfants et vécu des moments simples d’amitié. L’Organisation a expliqué que des photos et vidéos peuvent montrer cette évolution.
Le point essentiel n’était pas une thérapie coûteuse. Le point essentiel était un environnement naturel, respectueux, non défectologique, et un changement concret du système autour de l’enfant autiste.
12. Une vie autistique libre, durable et accomplie
La présentation a également abordé l’idée d’une vie autistique libre, durable et accomplie.
Une politique de l’autisme ne devrait pas s’arrêter à l’enfance, au diagnostic, à l’école ou à la santé. Elle devrait considérer toute la vie des autistes : identification ou confirmation de l’autisme, santé intégrale, éducation respectueuse de l’autisme, formation professionnelle, vie autonome possible, autonomie, continuité du soutien, vieillissement et longévité.
Elle devrait aussi protéger la possibilité d’une vie autistique accomplie : créativité, intérêts spécifiques, nature, expériences, découvertes, voyages, relations choisies, liberté, originalité et parcours personnel.
Une partie très importante de cette approche est la valorisation, la protection et l’application des forces autistiques. Cela signifie changer le cadre. Certains défauts apparents peuvent en réalité révéler des forces autistiques, et certaines réactions autistiques peuvent fonctionner comme des signaux montrant où l’environnement produit des atteintes sociogénérées, sensorielles, mentales ou autres.
Au lieu de voir seulement des défauts apparents, la politique publique devrait aussi reconnaître les forces autistiques. Les réactions autistiques peuvent aider à identifier les caractéristiques préjudiciables du système social et aider la société à revenir vers plus d’équilibre et d’harmonie.
13. Une synthèse spontanée après la présentation préparée
Après la présentation préparée, le représentant de l’Organisation Diplomatique de l’Autistan a ajouté une synthèse spontanée du message principal qu’il avait essayé de transmettre.
Il a expliqué qu’au lieu d’importer les approches habituelles de l’autisme — souvent médicales, technologiques, coûteuses, centralisées, fondées sur des centres spécialisés et difficiles d’accès pour de nombreuses familles en raison du coût, de la distance et des transports — le Népal pourrait aussi envisager une approche complémentaire et alternative, fondée sur l’accessibilité, en particulier l’accessibilité attitudinale.
Les personnes autistes ont effectivement besoin d’apprendre la société : comment comprendre les situations sociales, comment se comporter dans certains contextes, comment éviter les dangers et comment participer plus facilement à la vie ordinaire. Mais cet apprentissage ne doit pas signifier la suppression de l’autisme. L’autisme est une différence. Il inclut à la fois des forces et des difficultés, et il ne doit pas être réduit à un défaut qu’il faudrait éliminer.
Pour expliquer cela, il a utilisé une comparaison avec les langues. Une personne française vivant au Brésil doit apprendre le portugais et certaines habitudes culturelles brésiliennes. Mais apprendre le portugais n’exige pas d’effacer la langue française, la culture française ou l’expérience personnelle française. De la même manière, les personnes autistes peuvent apprendre le monde non autistique comme une sorte de seconde langue, sans détruire leur première langue autistique.
Il a ensuite expliqué que, dans de nombreux pays, la première réaction des familles et des systèmes est de voir les aspects les plus superficiels et problématiques de l’autisme, et de craindre que l’enfant autiste souffre plus tard parce que les gens le rejetteront, se moqueront de lui ou l’excluront. Cette peur peut conduire les parents à penser que la seule solution est de corriger ou de normaliser l’enfant.
Mais il existe une autre voie : les personnes autistes peuvent apprendre des choses utiles, tandis que la société peut aussi apprendre à ne pas les juger, à ne pas les rejeter et à ne pas se moquer d’elles.
Cette deuxième dimension est extrêmement importante parce qu’elle peut être très utile, très efficace et très peu coûteuse. Il s’agit principalement de sensibilisation, d’information correcte et d’attitudes. Les personnes autistes ne peuvent pas réellement être transformées en personnes non autistes. Par conséquent, au lieu d’essayer d’effacer l’autisme, il est beaucoup plus cohérent de rendre la société plus accessible et plus accueillante, tout en aidant les personnes autistes à apprendre ce qui est utile pour vivre dans la société.
C’est pourquoi cette approche peut avoir un sens particulier pour le Népal. Beaucoup de méthodes habituelles sont coûteuses, pas toujours très efficaces, et parfois maltraitantes pour les personnes autistes parce qu’elles sont fondées sur la normalisation. Au Népal, cependant, il semble exister un autre type de capital : le capital humain.
Le représentant de l’Organisation a évoqué ce qu’il a perçu comme de la gentillesse, de la patience, de l’humilité, de la serviabilité et une capacité à ne pas se vexer facilement. Il a mentionné sa propre expérience avec Shree Ram Dangal, qui a vécu avec lui pendant plusieurs années et qui n’a jamais réagi avec vexation, même dans des moments difficiles.
Il a aussi rappelé que, pendant son séjour au Népal, il n’avait pas observé le même type de réactions sociales agressives ou jugeantes qui créent souvent des barrières pour les personnes autistes. Pour cette raison, il a considéré que le Népal peut avoir un fort potentiel social pour l’accessibilité attitudinale.
Le Gouvernement du Népal pourra continuer à développer des centres, des services et des approches médicales ou spécialisées. Mais une approche complémentaire pourrait être ajoutée : informer la société, les familles, les écoles, les agents publics et les communautés afin que les personnes autistes soient mieux acceptées, moins jugées, moins rejetées et mieux comprises.
Une telle approche coûterait beaucoup moins cher que des systèmes spécialisés lourds, et pourrait aider à réduire les souffrances, les exclusions, les conflits inutiles, les hospitalisations et d’autres conséquences graves.
Le point principal était donc que, si la société reste inaccessible et hostile, les familles peuvent se sentir obligées de normaliser les enfants autistes parce qu’elles craignent que le système leur nuise ou les exclue. Mais si le système social devient plus amical, mieux informé et plus accessible, alors les enfants autistes peuvent apprendre ce qu’ils ont besoin d’apprendre tout en conservant leurs qualités autistiques et leur nature autistique.
Pour l’Organisation Diplomatique de l’Autistan, cela rend le contexte népalais particulièrement significatif : le Népal peut avoir des qualités humaines particulièrement utiles pour l’autisme, et ces qualités peuvent être plus efficaces que des méthodes coûteuses lorsqu’elles sont combinées avec une information correcte, une sensibilisation et une accessibilité pratique.
14. La réaction de l’Ambassadeur : acceptation, dignité, respect et environnement
Après la présentation, Son Excellence l’Ambassadeur du Népal a remercié l’Organisation et indiqué que la présentation l’avait aidé à mieux comprendre le sujet.
Il a identifié deux messages importants dans ce qui avait été présenté.
Le premier concernait le regard porté sur les autistes et l’importance de l’acceptation. L’Ambassadeur a souligné qu’il ne s’agit pas seulement d’accepter les autistes, mais aussi de reconnaître la dignité et le respect auxquels ils ont droit.
Le second concernait l’importance de l’environnement. Il a souligné la nécessité de considérer l’environnement et l’inclusion. Cela a permis à l’Organisation de préciser à nouveau que les obstacles peuvent être sensoriels, mais aussi attitudinaux, et que les barrières attitudinales sont souvent oubliées.
Cette réaction était importante car elle a montré que l’Ambassadeur avait clairement perçu deux axes centraux de l’approche : changer le regard porté sur l’autisme, et adapter le système social au lieu d’essayer seulement de corriger les autistes.
15. Écoles spécialisées ou inclusion ?
Une discussion importante a ensuite eu lieu au sujet des écoles liées à l’autisme qui pourraient être développées au Népal.
L’Ambassadeur a indiqué qu’il n’était pas pleinement informé de tout ce qui se fait actuellement au Népal dans le domaine de l’autisme, mais qu’il avait lu ou entendu que le gouvernement envisageait d’ouvrir des écoles pour enfants autistes.
Il a alors posé une question très importante : est-il préférable d’ouvrir de nouvelles écoles spécifiques pour enfants autistes, ou de les intégrer dans les écoles ordinaires ?
L’Organisation a répondu que cette question va directement au cœur du problème. Le principal défi pour les enfants autistes est d’apprendre à vivre avec les autres. S’ils sont placés seulement dans des écoles composées d’enfants autistes ou d’enfants ayant des difficultés similaires, avec uniquement du personnel spécialisé, ils ne peuvent pas apprendre naturellement la vie sociale ordinaire.
Cela ne signifie pas que l’inclusion est facile, ni qu’aucune adaptation n’est nécessaire. Mais lorsque quelques enfants différents sont inclus dans des environnements ordinaires, avec une préparation minimale de l’environnement et des attitudes, ils peuvent apprendre la société réelle au lieu d’en être séparés.
L’Organisation a aussi fait référence à sa propre expérience d’avoir été placée en centre spécialisé à l’âge de six ou sept ans. Un tel contexte peut faire penser à l’enfant qu’il est lui-même « problématique » ou « anormal », parce qu’il est placé parmi des enfants qui sont tous perçus comme ayant des problèmes.
Cette discussion était importante parce qu’elle reliait le contexte politique népalais à une question plus large : comment les enfants autistes peuvent-ils apprendre la société s’ils sont séparés de la société ?
16. La contribution possible des autistes à la société
L’Ambassadeur a ensuite développé l’idée que les enfants autistes peuvent être intégrés dans la société et y contribuer.
Il a expliqué que chaque enfant autiste peut avoir une capacité ou une aptitude particulière, et qu’il est important d’aider l’enfant à développer les compétences qui lui correspondent, afin que plus tard la personne puisse contribuer à la société par une occupation, un travail ou une activité sociale.
Il a donné l’exemple du Népal concernant les personnes aveugles ou malvoyantes. Il a mentionné que, dans certaines écoles publiques, il existe des possibilités pour des personnes aveugles de devenir enseignantes. Il a fait référence au cas d’un cousin aveugle devenu enseignant.
Cette comparaison a ouvert l’idée qu’il peut aussi exister des enseignants autistes, ou plus largement des autistes jouant des rôles professionnels utiles dans la société.
L’Organisation a néanmoins rappelé que l’un des grands obstacles reste le rejet. Les personnes qui paraissent étranges ou différentes sont souvent automatiquement rejetées parce qu’elles font peur ou parce qu’elles ne correspondent pas aux attentes sociales habituelles.
L’Ambassadeur a reconnu l’importance de ce problème et l’a comparé à d’autres changements sociaux historiques. Il a rappelé que des changements qui semblaient difficiles dans le passé, par exemple concernant la participation des femmes à la vie publique, ont finalement eu lieu rapidement à l’échelle historique.
Cette partie du dialogue était importante parce qu’elle reliait la question de l’autisme à une question humaine et sociale plus large : les sociétés peuvent changer leur perception de groupes qui étaient auparavant exclus, sous-estimés ou considérés comme incapables.
17. Le rôle de l’Ambassade du Népal comme pont humain et institutionnel
L’Ambassadeur a expliqué que le rôle de l’Ambassade du Népal à Brasília n’est pas seulement de maintenir des relations avec le gouvernement brésilien, mais aussi avec la société civile, les personnes, les milieux académiques et les institutions. Il a présenté cela comme relevant de la diplomatie publique.
L’Organisation Diplomatique de l’Autistan a expliqué que c’était précisément le type de rôle qui pouvait être très utile. Une simple lettre ou un email envoyé directement à une institution peut recevoir une réponse polie puis rester sans suite. Mais si l’Ambassade du Népal, après avoir rencontré l’Organisation, indique aux autorités compétentes que cette initiative semble sérieuse et mérite attention, alors les responsables au Népal peuvent prendre l’approche beaucoup plus au sérieux.
En ce sens, l’Ambassade peut aider à franchir la première barrière attitudinale : le doute initial, le manque de compréhension, le manque de temps, la méconnaissance de l’approche, ou l’impression que l’autisme devrait être traité uniquement par les cadres médicaux ou institutionnels habituels.
L’Organisation a expliqué que les noms et adresses email sont utiles, mais souvent insuffisants. Ce qui est le plus efficace est une connexion humaine et institutionnelle pouvant conduire à une véritable relation de travail : d’abord une courte note technique, ensuite une vraie visioconférence, et plus tard, si cela est utile, une contribution plus précise aux documents ou projets en préparation.
L’Organisation a donné l’exemple des dialogues précédents avec Jonas Ruškus, rapporteur pour la France au Comité de l’ONU sur la CDPH entre 2019 et 2021. Au début, les dialogues étaient polis et limités. Mais à mesure que le dialogue s’est développé, il a compris de plus en plus l’importance et l’utilité des explications de l’Organisation.
Cet exemple a été utilisé pour expliquer qu’une contribution inhabituelle peut d’abord paraître difficile à évaluer ou secondaire, mais que lorsqu’un vrai dialogue peut se développer, des personnes compétentes peuvent progressivement comprendre son utilité pour leur propre travail.
18. Une suite concrète : documents, preuves et possibles contacts au Népal
L’Ambassadeur a proposé une suite concrète.
Il a demandé à l’Organisation d’envoyer, par voie électronique, à l’adresse email officielle de l’Ambassade du Népal, la présentation utilisée pendant la rencontre, les ressources disponibles, les vidéos, les éléments de preuve concernant le travail déjà réalisé avec les Nations unies, l’Organisation mondiale de la Santé, la France et le Kazakhstan, ainsi que les documents utiles, en particulier au format PDF.
Il a indiqué que ces éléments pourraient être étudiés par l’Ambassade et qu’après ce premier examen, l’Organisation pourrait écrire à nouveau. L’Ambassade essaierait alors d’identifier des contacts pertinents au Népal, notamment parmi les institutions gouvernementales ou les institutions travaillant dans le domaine de l’autisme.
L’idée d’une future visioconférence a également été discutée. L’Organisation a expliqué que les documents écrits sont utiles, mais qu’un vrai dialogue par vidéo permet souvent de clarifier les notions difficiles et d’éviter les malentendus.
L’exemple de la réunion avec Chiara Servili a été mentionné à nouveau à cet égard. Au début, la distinction entre autisme et troubles spécifiques à l’autisme n’était pas immédiatement évidente. Mais à travers le dialogue, les questions, les clarifications et les exemples, le sens et l’utilité de cette distinction sont devenus plus clairs.
19. Plans nationaux autisme et importance de la mise en œuvre
La rencontre a également permis une discussion sur les plans nationaux autisme dans différents pays.
L’Organisation a indiqué qu’en 2024 elle avait réalisé une étude sur le projet australien de plan national autisme, avec une comparaison montrant qu’environ 18 pays ou régions disposaient déjà à ce moment-là d’un plan, d’une stratégie ou d’un document national sur l’autisme. Il a également été noté qu’il peut y en avoir davantage aujourd’hui.
Cette comparaison peut être utile pour le Népal, car une politique nationale de l’autisme n’est pas seulement une question de principes généraux. Elle nécessite aussi une mise en œuvre : priorités, mesures, responsabilités, coordination, actions pratiques, accessibilité, systèmes de soutien et suivi.
L’exemple de l’Iran a été brièvement mentionné, à la suite de la visite récente de l’Attaché culturel de l’Iran (Autistan.ir) à l’Ambassade d’Autistan. L’Organisation a indiqué que l’Iran semble également travailler sur un document national lié à l’autisme.
Le Brésil a également été évoqué. L’Organisation a expliqué que le Brésil possède beaucoup de lois sur l’autisme, mais manque encore d’un véritable plan national de mise en œuvre.
Une comparaison a été faite avec un grand navire. Si l’autisme était un très grand navire, les familles ne devraient pas être laissées seules à bord, sans capitaine, sans équipage, sans personnel et sans organisation pratique, tout en recevant seulement des centaines ou des milliers de pages de lois maritimes ou de navigation. Les lois sont importantes, mais elles ne remplacent pas un plan, une structure et une orientation pratique.
L’Ambassadeur a noté que les pays pourraient apprendre les uns des autres. Cette remarque a ouvert une perspective importante : un futur dialogue pourrait ne pas être seulement bilatéral entre l’Autistan et le Népal, mais aussi comparatif et international.


20. Appréciation générale de la visite
Cette visite peut être considérée comme très positive.
L’une des significations les plus importantes de la visite a été la convergence claire que l’Organisation Diplomatique de l’Autistan a essayé de présenter entre les réalités concrètes du Népal, les qualités humaines du Népal, et l’approche non défectologique proposée par l’Organisation. Cette approche peut être particulièrement pertinente dans un pays où beaucoup de familles ne peuvent pas facilement s’appuyer sur des systèmes spécialisés coûteux, des déplacements répétés ou des services urbains, et où des qualités humaines telles que la patience, la gentillesse, la serviabilité, la délicatesse, l’attention aux autres et la subtilité sociale peuvent devenir des ressources centrales pour l’accessibilité.
Elle a permis de recevoir officiellement Son Excellence l’Ambassadeur du Népal au Brésil à l’Ambassade d’Autistan, avec M. Tejendra Regmi, diplomate à l’Ambassade du Népal à Brasília.
Elle a aussi permis de présenter clairement l’approche de l’Organisation Diplomatique de l’Autistan, en particulier la distinction fondamentale entre autisme et troubles spécifiques à l’autisme, l’importance de l’accessibilité attitudinale, la nécessité de réduire les atteintes sociogénérées, sensorielles, mentales ou autres, et la possibilité de penser la politique de l’autisme d’une manière qui ne soit pas centrée sur le défaut, la normalisation ou des systèmes spécialisés coûteux.
La rencontre a ouvert une discussion sérieuse sur les risques des approches trop centrées sur les cadres spécialisés ou la normalisation, ainsi que sur l’importance de l’inclusion, de la dignité, du respect et de vraies opportunités pour les enfants et adultes autistes.
Elle a aussi montré que le Népal peut avoir un potentiel particulier pour développer une approche de l’autisme plus humaine, moins coûteuse et moins normalisatrice, fondée sur l’accessibilité, l’acceptation, les qualités humaines, l’inclusion naturelle, l’adaptation locale, une moindre dépendance aux déplacements coûteux ou aux centres spécialisés, et le respect de la nature autistique.
La rencontre a confirmé l’importance de la diplomatie humaine et du dialogue direct. L’Organisation a pu montrer qu’elle ne cherche pas à imposer une vision extérieure, mais à proposer des explications, analyses, expériences et contributions utiles, afin d’aider les autorités népalaises à faire des choix plus justes et plus efficaces à un moment où les premières orientations nationales concernant l’autisme semblent encore en construction.
21. Conclusion
Cette première visite de l’Ambassadeur du Népal au Brésil à l’Ambassade d’Autistan à Brasília marque une étape importante dans l’ouverture d’un dialogue possible entre l’Organisation Diplomatique de l’Autistan et les autorités népalaises compétentes dans le domaine de l’autisme.
Elle a permis de présenter une approche fondée non sur la correction des autistes, mais sur la correction des obstacles du système social, l’accessibilité, l’acceptation de l’autisme, la dignité des autistes, et la possibilité d’une vie autistique libre, respectée et accomplie.
Le Népal, par ses qualités humaines, sa singularité culturelle, les moyens matériels limités de beaucoup de familles, la difficulté pratique de s’appuyer principalement sur des services urbains coûteux, et la préparation actuelle de structures ou orientations liées à l’autisme, pourrait avoir l’occasion de développer une politique de l’autisme originale, utile et exemplaire, adaptée à ses réalités et potentiellement inspirante pour d’autres pays.
L’Organisation Diplomatique de l’Autistan remercie chaleureusement Son Excellence l’Ambassadeur du Népal au Brésil et M. Tejendra Regmi pour leur visite, leur écoute, leur patience et leur ouverture, et espère que cette première rencontre pourra être suivie d’un dialogue concret avec les autorités et institutions concernées au Népal.


